2 ans après les travaux de réaménagement du cours d’eau du Petit Lavillon, quels sont les bienfaits espérés ?
Pour rappel, le cours d’eau du Petit Lavillon parcourait une parcelle juste en dessous du cimetière communal du Fouilloux. Son tracé artificiel rectiligne avait un effet drainant sur la zone et ne permettait pas à l’eau de s’infiltrer dans le sol. Les berges s’érodaient le cours d’eau s’enfonçait et le milieu s’asséchait.
L’objectif du projet était donc de reméandrer le cours d’eau et de créer 2 mares pour ralentir l’écoulement de l’eau et ainsi lui laisser le temps de s’infiltrer dans le sol, recréant une zone humide favorable à l’accueil de la biodiversité.
Après la réalisation des travaux, dans le cadre d’un suivi de biodiversité post-chantier, des suivis odonates (libellules), lépidoptères (papillons), et microfaune benthique (insectes et petites bêtes aquatiques) ont été réalisés sur le site propriété de la commune du Fouilloux.
Pour cela, le Syndicat s’est rapproché de la commune et a eu libre accès au site pour la réalisation de ces inventaires de suivi de restauration écologique. Une technicienne rivière accompagnée d’un stagiaire ont exécutés les premiers inventaires sur le terrain, et communiquent aujourd’hui les résultats de leurs recherches :
5 espèces d’odonates ont été recensés :
- Le Leste fiancé (Lestes sponsa)
- L’Agrion jouvencelle (Coenagrion puella )
- La Libellule déprimée (Libellula depressa)
- Le Sympétrum vulgaire (Sympetrum vulgatum)
- L’Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens)
4 espèces sont communes ou très communes en Charente-Maritime mais l’Orthétrum bleuissant est quasi menacé et assez rare en Charente-maritime et localisé sur les petits cours d’eau.
7 espèces de microfaune benthique ont été retrouvées :
- La Géris (Gerrida sp)
- La Rânatre (Ranatra sp)
- Le Dytique (Dytiscidae sp)
- Le Limné (Lymnaea sp)
- La Notonecte (Notonectidae sp)
- La Corise (corixidae sp)
- Le Gyrin (Gyrinidae sp)
Toutes ces espèces sont communes dans la région mais leur présence indique une bonne qualité du milieu.
13 espèces de papillons ont été identifiées :
- Hespérie de l’Alcée (Carcharodus alceae)
- Tircis (Pararge aegeria)
- Cuivré commun (Lycaena phlaeas)
- Demi-deuil (Melanargia galathea)
- Sylène (Brintesia circe)
- Azuré des nerpruns (Celastrina argiolus)
- Souci (Colias crocea)
- Amaryllis (Pyronia tithonus)
- Azuré commun (Polyommatus icarus)
- Point de Hongrie (Erynnis tages)
- Myrtil (Maniola jurtina)
- Cuivré fuligineux (Lycaena tityrus)
Parmi ces 13 espèces, une est peu commune : le cuivré fuligineux. Les autres restent communes, bien que le flambé, le point de Hongrie et le Sylène soient un peu moins fréquents.
2 espèces d’urodèles sont présents :
- Le Triton palmé (Lissotriton helveticus) (larve)
- Le Triton marbré (Triturus marmoratus) (larve)
Tous 2 des espèces protégées, dont le triton marbré qui est assez rare à localisé et exige une bonne qualité du milieu.
3 espèces d’anoures ont été contactées :
- La Grenouille verte (Pélophylax sp)
- Le Crapaud épineux (Bufo spinosus)
- La Rainette méridionale (Hyla meridionalis)
Ces 3 espèces sont communes.
Grâce au piège photographique, 10 espèces ont été aperçues :
- Le Pigeon ramier (Columba palumbus)
- La Tourterelle turque (Streptopelia decaocto)
- L’Etourneau sansonnet (Sturnus vulgaris)
- La Corneille noire (Corvus corone)
- La Chouette effraie (Tyto alba)
- Un Triton sp. non identifiable
- Le Rat noir (Rattus rattus)
- Le Renard roux (Vulpes vulpes)
- Le Chevreuil d’Europe (Capreolus capreolus)
- Le Blaireau d’Europe (Meles meles)
Toutes sont communes voire très communes mais 2 sont protégées : le triton et la Chouette Effraie.
Hors inventaire, le Chardonneret élégant et la Bergeronnette grise ont été aperçus.
Au total pas moins de 40 espèces animales sont présentes sur le site restauré du Fouilloux. Ces espèces, bien qu’elles soient pour la plupart communes, indiquent une mosaïque de milieux intéressante et confère à l’habitat un enjeu écologique faible à moyen. Cet inventaire n’est pas exhaustif au regard du temps de l’inventaire (seulement 2 mois) : il est donc probable que d’autres espèces soient présentes, puisque seulement 5 demi-journées ont pu être consacrées aux inventaires, et le piège photographique a été laissé durant 2 semaines. Il serait pertinent de pouvoir réaliser dans les années à venir un suivi sur une année entière afin de compléter l’inventaire écologique sur le volet reptiles, oiseaux, criquets, sauterelles et autres insectes terrestres. L’enjeu écologique peut donc être largement plus important que celui trouvé actuellement.
A noter que 40 espèces sur un petit site comme celui-ci et seulement à une période de l’année en 5 demi-journées est un très bon résultat.